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INDE 2017, jour 1

Photo du rédacteur: fanevasion
fanevasion
17 févr. 2020
8 min de lecture

Les années ont passé, les gens ont changé, les enfants ont grandi et ce que j’ai vu en Inde a été détruit. Il est donc temps, je le pense de parler de mes 10 jours dans ce pays.


J’ai participé à ce que l’on appelle un voyage humanitaire en Inde. J’ai reçu une « invitation» et j’ai sauté sur l’occasion. Il s’agissait (à mes frais) de participer à une campagne de vaccination contre la Polio. L’organisme organisateur, le Rotary international, aidé financièrement par Bill Gates se fait une réelle fierté d’éradiquer cette maladie. Et ils en sont proches, on peut s’en féliciter.


J’y allais vraiment en observation. J’étais assez curieuse de voir en quoi quelques bénévoles allaient changer la face du monde. J’ai eu beaucoup de mal à m’adapter au concept. L’organisatrice du séjour à qui j’ai demandé où était notre utilité de verser quelques gouttes de vaccin dans la bouche des enfants (ils savent bien le faire eux-mêmes) m’a dit que nous apportions surtout un soutien moral. Je ne suis toujours pas convaincue de ça. Le côté européen colonialiste sauveur du monde me plait plus que moyennement. Mais je me suis laissée porter par tout et ai fait des rencontres extraordinaires, j’ai vu des choses choquantes, tristes mais aussi magnifiques. J’ai rencontré des gens qui apportent une aide réelle à des personnes en difficulté, des aides qui viennent d’une demande, d’un besoin d’instruction pour sortir de la misère des bidonvilles.


J’y ai passé 10 jours. 5 jours de « travail» et 5 jours de visite. Car oui, c’est aussi un voyage organisé et j’avais le choix de faire un pré et/ou un post tour. J’ai choisi le post tour pour découvrir les palais indiens. Le pré tour était un « treck montagneux ».


J’ai écrit tous les soirs à ma famille et quelques amis. Je vais retranscrire mes histoires. Je vais les relire et les adoucir car, bien que les ayant fait beaucoup rire, elles étaient parfois un peu trop piquantes. La solitaire que je suis avait oublié un point important dans le concept voyage organisé, c’est le groupe !


Tous les cours de philosophie du monde ne donneront jamais une explication aussi claire de la phrase « l’enfer, c’est les autres » qu’un bon voyage de 10 jours en car !


Dimanche minuit et la journée du lundi :

Je suis arrivée avec mon groupe de belges (80% néerlandophone) vers minuit à Delhi, un dimanche de janvier 2017.


Avant de sortir de l’aéroport, beaucoup désiraient se rendre aux ATM (distributeur d’argent) car nous arrivons toujours en Inde sans argent. Impossible de s’en procurer chez nous ! Il faut se jeter sur l’ATM déjà pris d’assaut et hélas, rapidement vide. Nous sommes arrivés mais fauchés, ce qui, dans ce genre de pays où avoir un peu d’argent sur soi peut être salvateur, est un vrai souci. Mais je ne m’inquiète pas trop. Tout est payé/compris. Ramener des cadeaux reste un détail. Mes compagnons d’infortunes s’énervent et après 2h de discussion avec l’organisatrice, nous décidons quand même d’aller à l’hôtel et trouverons une solution plus tard.


Lundi : réveil 8h, levé 8h30, j’ai somnolé 2h, autant dire que c’est la grande forme ! Douche chaude, chaude, chaude. J’ai froid avec la clim ! Pas de petit déjeuner. Il est 4h du mat à la maison, mon estomac dort toujours, lui !


9h, retrouvailles au desk. Les arrivés de dimanche, les anciens qui ont fait le pré tour, E et B, les organisatrices… Un accueil… accueillant ! Groupe oblige, on traine un peu, on écoute les consignes, on est rassuré par l’arrivée proche d’argent pour se débarrasser de nos euros. Bref, on monte dans le bus à 10h.


En route pour le Bangla Sahib Gurudwara, temple Sith. Sur la route, on nous présente nos guides. Je ne sais plus le nom du plus vieux qui ne me paraît pas trop souriant et le plus jeune, Man (je l’écris comme je l’ai compris, mais il répond, donc, c’est bon !).

De suite, le plus âgé prend la parole et ne la rendra jamais. Il est en fait plein d’humour et d’anecdotes. Il aime son pays et le fait aimer. Un régal ! Dommage que je ne comprenne pas tout ! Il n’y a pas à dire, ils ont un accent anglais... difficile, dirais-je… Il nous explique de suite les bases de la langue. Je sais donc (enfin, je savais, il me faudra un rappel) dire bonjour/bonsoir/bonne après midi-soirée-début de nuit-ce que vous voulez, merci, en avant et stop !


Le « namasté » bien connu souhaite donc une bonne journée à n’importe quel moment et s’accompagne de deux mains jointes, la gauche qui représente le cœur et la droite, l’âme ! Et tout ça en bollywood, svp ! Il explique ensuite l’importance du Karma et de la destinée. En gros, ils acceptent leur condition de vie quelle qu’elle soit. Pratique, finalement quand on voit ce que peut être cette condition. S’il y en a qui veulent encore se plaindre, allez faire un tour en Inde !


Le temple Sith est très beau et très en travaux comme tout là bas ! L’intérieur est fait de dorures et d’échafaudages que l’on déplace au dessus de vos têtes sans la moindre crainte (pour eux, car personnellement, j’avais pas trop confiance !). Ils sont très tolérants : tout le monde peut entrer si et seulement si on est couvert (voilée), pieds nus (carrelage froid, mouillé et sale) et qu’on ne perturbe pas les prières. Par contre (voilà la tolérance), on peut faire autant de photos que l’on veut de ce que l’on veut et de qui on veut ! Sans payer ! Nous terminons la visite par le tour des cuisines de l’université du Temple… L’AFSCA belge devrait venir y faire un stage, ça les détendrait…. Je précise que nous continuons pieds nus…

On continue le tour de New Delhi, qui contrairement à Old Delhi est plus jeune (la feinte) et non habitée. C’est le Delhi colonial, le british Delhi où l’on retrouve toute l’administration, gouvernement, armée… On voit leur « arc de Triomphe » et leurs « champs Élysées » et le palais du gouvernement.


Une petite chose qui m’a surprise est le nombre impressionnant de pigeons (ceci n’est pas un jeu de mots) et de rapaces (qui je pense, s’attaquent aux premiers). C’est curieux de les voir tourner au dessus de nous alors qu’on est en pleine ville !

Fini le moment touristique, on va bosser. Pour ça, on ne commence pas par la mine, mais par l’hôtel Impérial (aller jeter un coup d’œil, Google is my friend !). On est reçu par une délégation de rotariens de ND. Une salle immense, des tables rondes, nappes blanches, estrade pour intervenants, projecteur… On ne rigole plus. On a un briefing long mais super intéressant par le responsable du projet. En gros, l’Inde n’a plus de cas de Polio depuis 2011 mais il ne faut rien arrêter. Il y a énormément de gens qui viennent de l’extérieur (Afghanistan, Pakistan, Bangladesh) et un seul enfant contaminé peut contaminer une population égale au continent européen (je pense qu’ils nous prennent pour des minus, mais bon…). Les adultes ont peu de chance d’être atteints. « Le prix de la liberté est l’éternelle vigilance ». Un plan d’urgence est prévu au cas où une épidémie surviendrait. Des vaccinations ont lieu aux frontières pour les étrangers. On ne vient plus des pays pré cités sans une attestation sur VISA ou un vaccin à l’arrivée ! On vise la certification « Polio Free » pour ces pays dès 2018. Les organisations de contrôle aux USA, Russie et Europe sont efficaces et plus sécurisés que Fort Knox !

On nous rappelle aussi quelques chiffres : le Rotary apporte 1,5 billions de dollars pour la vaccination. C’est la première organisation qui parvient à mobiliser l’ensemble de ses membres à travers le monde. Il est la 5° organisation mondiale de charité. La logistique pour ces journées mondiales de vaccination est incroyable : 209 millions de maisons visitées, 2,5 millions de vaccinateurs (ah, oui, y a pas que des belges, on serait mal !), 225 millions de doses données, 6,3 millions d’ice pack (pour conserver les vaccins au frais mais en janvier, ça va).


Il est donc important de continuer et le Rotary est le seul à le faire puisqu’il sait ce qu’est « servir d’abord » (et paf, dans les dents des autres !)

Rotary is what Rotary does…


Sinon, nous avons encore eu les discours du président local, du Gouverneur local, du past Gouveneur et de notre past gouverneur. Applaudissements. Fin.

Ensuite nous mangeons et pour ça, y a pas à dire, on a voyagé ! Épicé mais… Waouw… Un buffet de folie ! C’est en ça que le côté humanitaire me dérange. Ok, j’ai payé mon voyage (et pas un peu), mais me gaver, alors que des gens ont faim dans la rue, n’a l’air de ne perturber que moi. J’attends pour voir. Et fort heureusement, je vais trouver ce que je cherche, mais ça, c’est pour plus tard. No spoil !


Après le repas, nous remontons dans le bus. Les consignes de départ étaient « maximum 14h30 dans le bus et si on a fini plus tôt, on part plus tôt »…. Ouais, ouais, ouais… A 14h50, nous montons donc dans le bus, direction la mosquée Jama Masjid. Une fois de plus, les consignes sont claires : faut faire gaffe ! Je n’ai pas tout compris, mais je pense que si on veut être certain de rentrer à l’hôtel avec passeport, argent, gsm et appareil photo, j’ai beau réfléchir, je ne vois qu’un seul moyen : les avaler ! En gros, on peut les voler et ce n’est pas trop grave, car les voleurs attendent près de bus et vous proposent de racheter vos biens ! Sympas, on se détend. Ici, même tolérance, tout le monde est le bienvenu si et seulement si on est pieds nus (la bronchopneumonie me guète), couvert entièrement (on fourni la robe aux femmes, les hommes, on s’en fout) et que l’on paye 300 IRH, soit 4 euros pour entrer avec un appareil et photographier ce qu’on veut. Attention, de charmants jeunes hommes proposent (aux pigeonnes) de pauser avec elles moyennant… Je ne sais pas combien, je ne fais pas partie des pigeonnes… J’ai été discrétos me greffer à 3 compagnons de voyage de Huy qui ont fait malgré eux mes body guards !

A la sortie, petit tour en touk touk (charrette et vélo pour deux) pour 50 IRH par personne (:100, x 1/3). J’ai été avec une autre femme. On s’est bien amusées. On avait le cycliste le plus fou, il dépassait tout le monde et je peux dire que vu qu’il n’y a aucun marquage au sol, que la seule chose qui compte est d’avancer, que tout est bouché, on est parties les dernières et arrivées les premières !

Malgré tout, on a pu faire des photos car c’est plus bouché qu’un tunnel bruxellois aux heures de pointes. Old Delhi est vraiment old… Ruine est un faible mot. Je ne sais pas définir « misère » mais quand je vois Old Delhi, le mot « misère » s’impose. C’est abominable et pourtant, ils sourient tous ! Que dire des câbles électriques… ce sont des tas de câbles au dessus de nos têtes ! Incroyables !

Retour bus, visite du Raj Ghat, mémorial Ghandi, lieu de recueillement, 5 min de visite, pieds nus, rhume !

Retour bus, la nuit tombe, New Delhi s’éclaire ! Les nouveaux bâtiments sont entièrement bordés de guirlandes lumineuses et ce jusque dans deux jours. On ne sait pas voir le parlement car c’est le National Day et que les rues sont fermées. Que faire alors puisque rien n’est indiqué… Et bien comme les autres bus, on fait demi-tour au milieu de boulevards… It’s destiny, nous rappelle notre guide !

Retour hôtel. Arrivée et achat de nos T shirt Polio. RDV 20h pour diner. Je suis fatiguée. Fatiguée du manque de sommeil, des visites, des efforts de concentration pour traduire l’anglais et le flamand alors, je décide de faire bande à part. Je vois que je ne suis pas la seule. Un paquet de cacahuètes et du chocolat feront mon repas ! Il ne s’agit évidemment pas de ce qu’il y a dans le mini bar puisqu’il n’y a pas de mini bar mais de victuailles apportées pour les enfants à vacciner. J’ai honte !


Il est 21h, soit 16h30 à la maison, je vais tenter de dormir !

 
 
 

1 commentaire


fferracin
18 févr. 2020

J’attends la suite ...

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